Le secret des GUMMIES!

Quels sont les meilleurs bonbons pour la santé? Je me fais poser bien des questions à la pharmacie, mais heureusement pas celle-là! Ou peut-être devrais-je dire malheureusement, car j’ai une réponse toute prête que j’aimerais bien partager plus souvent!

Je ne suis pas un gros fan de bonbons en général. Mais si on me posait cette question, je choisirais assurément les gummies… idéalement faits maison!

Vous vous doutez que mon opinion ne relève pas du goût, mais plutôt des propriétés particulières de la gélatine qui s’y trouve.

Qu’est ce que la gélatine?

Au point de vue santé, l’intérêt de la gélatine réside dans le collagène qu’il contient. Le collagène est la protéine la plus importante de notre tissu conjonctif, de notre peau et de nos os. En fait, c’est la plus abondante de notre corps. On peut donc penser qu’un manque de collagène puisse favoriser des problèmes touchant différents organes, allant des rides aux douleurs articulaires.

Ne jetez surtout pas cette précieuse substance!

 

La façon la plus traditionnelle de faire le plein de collagène, c’est en consommant de la gélatine. Or, la gélatine se retrouve généralement dans ou autour des pièces de viande que nous négligeons, comme les os, les cartilages, les tendons et la peau. Pensez aux petits bouts gélatineux qui vous passent entre les doigts lorsque vous défaites un poulet entier. Le terme est tout juste! Ces petits bouts négligés sont en effet de bonnes sources de gélatine, mais ils iront vraisemblablement directement à la poubelle.

Sans doute, nos ancêtres auraient grugé les bouts d’os plus longuement que nous le faisons aujourd’hui, car ils savaient instinctivement que cette substance leur était bénéfique. Évidemment, à cette époque pré-pharmaceutique, s’acheter une bouteille de Genacol n’était pas une option, alors c’était ça… ou avoir mal aux genoux!

Pourquoi ce dédain des petits bouts et de la gélatine brune?

Il est tout indiqué de réévaluer notre perception des pièces de viande que nous choisissons. De toute la variété de pièces de viandes existantes, pourquoi se limiter à une poitrine de poulet blanche et sèche qui doit être nappée de sauce pour donner l’impression de goûter quelque chose? Sans compter que le poulet en question a probablement vécu sa courte vie entassé aux côtés de 10 000 autres bêtes, incapable de bouger ou de voir la lumière du jour.  Il ne faut pas s’attendre à ce qu’une bête élevée ainsi nous transmette des nutriments exceptionnels… surtout si on se limite aux quelques coupes de poitrines et de cuisses en rabais à l’épicerie.
Les producteurs de porcs veulent que vous cuisiniez du museau à la queue!
En achetant une plus grande variété de coupes et idéalement en choisissant des viandes élevées de façon plus respectueuse, vous consommerez automatiquement une plus grande variété de protéine et une plus grande quantité de collagène.

Il y a fort à parier que vous n’aurez pas toujours le temps de ronger vos os ou de cuisiner du cœur de bœuf, riche en collagène. Peut-on consommer plus de collagène sans passer pour un homme des cavernes? La réponse est OUI, grâce à un célèbre inventeur dénommé… Ricardo!

Le Croc-Pot à la rescousse

Les viandes mijotées, c’est si bon. Ces plats classiques ont assurément aidé nos arrières-grands parents à maintenir des articulations en santé… et à marcher 5 milles pour aller à l’école! En mijotant un plat à température moyennement élevée, les molécules d’eau deviennent des petites scies qui coupent et séparent les morceaux de protéines, ce qui permet d’attendrir même les tissus les plus coriaces.

C’est par ce même processus que la gélatine est libérée des cartilages, tendons, ligaments et de la peau qui baignent dans votre Croc-Pot. Le collagène contenu dans cette gélatine a un effet bénéfique sur le profil d’acides aminés de votre plat. La glycine devient plus abondante alors que la méthionine, la cystéine et l’histidine deviennent relativement moins présentes.

Méthionine vs Glycine: duel entre 2 acides aminés

Le ratio entre ces deux acides aminés est particulièrement intéressant. En effet, des études animales suggèrent qu’un ratio équilibré entre la glycine et la méthionine aurait un effet bénéfique sur la longévité. La restriction en méthionine (autrement dit, réduire la viande “de muscle’) ou l’apport d’un supplément en glycine (par exemple, en augmentant la gélatine dans son alimentation) permettrait de réduire la toxicité d’une surabondance de méthionine.

Le mécanisme complet derrière ce phénomène n’est pas complètement élucidé, mais des hypothèses ont été formulées. D’abord, il faut comprendre que la restriction calorique est maintenant clairement vue comme étant bénéfique pour réduire les effets du vieillissementLes centenaires d’Okinawa qui mangent lentement et qui s’arrêtent juste avant la satiété en sont des exemples vivants, tout comme la recherche du renommé Professeur Valter Luongo dont le livre « Le régime de la longévité” vient d’être traduit en français.
Pour faire le plein de gélatine et pour une bonne dose de UMAMI!

1) Réduire la méthionine?

Il est très difficile de pratiquer cette restriction calorique au quotidien, considérant l’abondance alimentaire qui nous entoure. La réduction de la méthionine pourrait mimer cette restriction calorique. La méthionine est le bloc de départ de toutes les protéines. Donc, en limitant l’apport en celle-ci, il est possible que toute la synthèse de nos protéines soient ralentie, en quelque sorte. C’est un peu comme simuler une légère restriction calorique, ou du moins un restriction protéinique.
La méthionine est le point de départ de toute protéine.
En présence de moins de méthionine, la concentration circulante de l’hormone de croissance nommée IGF-1 est réduite, ce qui constitue un signal fort pour ralentir “l’usine à protéines”. Pour un culturiste, ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais pour la plupart d’entre nous qui sommes plus à risque d’être atteint d’un cancer que de perdre le concours Mr. Univers, il est probablement souhaitable d’avoir une telle rationalisation de nos processus d’anabolisme et de catabolisme. Après tout, ce sont les mutations qui mènent aux cancers, et une “usine à protéine” qui fonctionne trop rapidement, sans un contrôle de qualité adéquat (l’apoptose), risque d’en produire plus.

Donc, c’est une bonne idée de contrôler sa consommation de viande, surtout de viande de « muscle »!

2) Pas assez de glycine?

La glycine, quant à elle, agit entre autre comme le véhicule qui permet au foie d’éliminer l’excès de méthionine. Donc, même sans réduire activement sa consommation de viande et sans amener de changements importants à vos habitudes alimentaires, il est possible d’améliorer ce ratio en augmentant l’apport en glycine, soit en mijotant vos viandes (incluez autant que possible les petits morceaux de tendons ou d’os adjacents; pas besoin de les manger pour qu’ils libèrent la gélatine dans votre bouillon) ou en optant pour un supplément de gélatine, chose que je fais quotidiennement.

Mon choix de supplément.

 Il est possible de se procurer de la gélatine de très haute qualité à coût raisonnable. Pour ma part, je choisi la gélatine de boeuf Great Lakes qui provient d’animaux nourris aux grains et élevés en pâturage, ce qui réduit énormément le risque de contamination par des hormones de croissance, des antibiotiques ou des stéroïdes.

Vivre vieux et sans trop de craquements… mais quoi d’autre?

Au-delà des effets bénéfiques probables discutés jusqu’ici sur les articulations et la longévité, la gélatine est utilisée à tellement de fins qu’il est difficile de toutes les énumérer. En voici quelques unes:
  • Douleurs articulaires
  • Santé de la peau
  • Meilleur sommeil et concentration
  • Ostéoporose
  • Cheveux et ongles
  • Arthrite rhumatoïde
  • Promouvoir la récupération après un effort
  • Augmenter l’apport en protéine
  • Augmenter les performances athlétiques
Comme c’est souvent le cas pour les suppléments qui ne peuvent pas être brevetés ou commercialisés par l’industrie pharmaceutique, les données manquent afin de supporter tous ces usages variés. Mais la gélatine est reconnue comme sécuritaire et le collagène qui en est issu est la protéine la plus abondante du corps, et en particulier de notre tissu conjonctif, qui est soumis à rude épreuve quotidiennement. Alors, si vous doutez que votre consommation ne soit pas optimale, il est raisonnable de tenter un supplément.

Gélatine ou collagène?

La gélatine et le collagène ont le même profil d’acides aminés et sont pratiquement interchangeables. L’hydrolysât de collagène est simplement une gélatine qui a été modifiée afin que les acides aminés soient scindés en plus petites pièces. La différence, c’est l’usage que l’on peut en faire dans la cuisine. La gélatine se dissout dans l’eau chaude mais donne une consistance de type jell-o dans l’eau froide, alors que le collagène si dissout aisément dans tous les liquides. Donc, pour ajouter aux shakes ou à d’autres recettes, l’hydrolysât de collagène est un choix tout indiqué. Mais pour faire des gummies ou du jell-o, il vous faut de la gélatine!

Le collagène est un peu plus cher, mais parfois plus pratique.

Comment incorporer ces changements à votre alimentation?

  • Mijoter des pièces de viandes variées et entières dans un Croc-Pot;
  • Concocter un bouillon traditionnel en mijotant longuement des os;
    • Pas le temps? Acheter du collagène et l’ajouter à vos bouillons achetés à l’épicerie!
  • Ajouter du collagène à vos shakes et autres recettes;
  • Ajouter de la gélatine à des bouillons achetés en boîte à l’épicerie;
  • Faire du jell-o maison;

  • Et bien sûr… faire des gummies!

Et si votre quotidien ne permet aucune de ces options, et bien, il y a toujours la possibilité de se procurer des capsules de collagène… toujours disponibles en pharmacie!

Permettez-vous donc un dessert gélatineux ce soir… vos articulations pourraient bien vous remercier!

A propos de Maxime B.-Roy 30 Articles
Pharmacien et passionné de santé, psychologie, alimentation et techno! Je me plais à y trouver un fil conducteur!

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.