Du rap et des émotions.

Aujourd'hui: sarrau blanc. Autrefois: basse blanche, yeah!

Aujourd’hui, je dédie la quasi totalité de mon temps à la pharmacie. Je l’étudie, je la pratique, je l’organise et la remet en question. Il y a maintenant plusieurs années de ça, je dédiais tout autant d’énergie dans la production de musique.

Un petit détour dans mon passé

Sous le pseudonyme de Beech Beatz, j’ai produit plusieurs albums avec un ami de longue date de l’école secondaire, qui était connu sous le pseudonyme de DTM. Le monde de la musique, un peu comme celui des communications et de technologies, a explosé au cours des dernières années. Au début des années 2000, produire une chanson pour des amateurs était un défi de taille. Ma technique était de superposer différents instruments avec un logiciel comme Goldwave, et de faire du copier/coller pour la durée de la chanson! Heureusement, des logiciels professionnels comme Logic de Apple permettent aujourd’hui de mixer comme un pro, à peu de frais!
Produire de la musique de façon professionnelle est maintenant accessible à tous grâce à Logic Pro de Apple.

 

Voici d’ailleurs, pour votre écoute, le fruit de ces années de travail, disponible sur Spotify! (Attention, certain contenu explicite, et oui!)

Une passion, une révolution

Ma carrière de musicien a beau être sur pause depuis de nombreuses années, ma passion pour la musique persiste tout autant. Malgré la controverse entourant le streaming et la rémunération des artistes, les services tels que Spotify et Apple Music sont incroyables. Quand je repense à ces heures passée à télécharger des MP3 sur Napster, ou même par des échanges FTP, à vitesse moyenne de 30 minutes par chanson… et en monopolisant la ligne téléphonique en plus! Dans un monde où tout est accessible du bout des doigts, il est plus que jamais nécessaire de s’arrêter un instant, de temps en temps, pour se rappeler cette chance de faire partie de la génération qui aura vécu une révolution de cette ampleur. Bien que nous ne serons assurément pas les derniers à être témoins d’innovations majeures. (Quand je pense que mes enfants se déplaceront en Hyperloop, payerons en Bitcoin et connecterons leur cerveau à l’intelligence articielle via Neuralink… passionnant et angoissant à la fois!)

Retournons à la base: la musique

Au delà de la création et de la technologie, que recherche-t-on en écoutant de la musique? Se faire raconter une histoire? Créer une ambiance? Se motiver à s’entraîner ou à étudier? Tout ça converge vers une émotion. Joie, tristesse, mélancolie, stress, confort… la liste serait longue.

Macro-émotion

Un auteur-compositeur-interprète dispose de nombreux outils susceptibles de créer en son audience l’émotion souhaitée. Le ton de sa voix, les paroles, la vélocité des notes et l’articulation musicale (pensez à un piano effleuré très légèrement ou à des accords joués avec vigueur).

Puis vient la composition musicale elle-même. Les accords choisis et l’ordre dans lequel ils sont joués déterminent, en grande partie, l’émotion que ressent celui qui l’écoute. Voici un guitariste qui illustre bien ce concept, et qui se permet de qualifier les émotions avec pas mal de précision! C’est fascinant de voir qu’une série d’accords suffit à créer une émotion de « on a fait ce qu’on a pu » (voir 0:48), qu’on pourrait probablement identifier comme de la résilience.

Micro-émotion

À cet stade-ci, c’est l’accord lui-même qui m’intéresse. Pas l’effet de la progression de plusieurs accords, mais bien l’émotion générée par un seul et unique accord. Comment et pourquoi notre cerveau associe-t-il une émotion à ce simple son?

Pour ceux pour qui ce concept est trop abstrait, voici un vidéo qui compare les accords mineurs et les accords majeurs.

Comment un influx sensoriel aussi singulier que 3 ou 4 longueurs d’ondes différentes (ex: 4 cordes de guitare ou 4 notes de piano) peut-il être traduit en une émotion? Nul ne possède en soi une table de conversion absolue de « longueur d’ondes vers émotion », mais tout le monde fait cette transition de façon presqu’identique! Imaginez le travail incroyable fait par votre cerveau, et la chance inouïe que nous avons tous de pouvoir nous ensevelir dans l’émotion de notre choix simplement en s’entourant des longueurs d’ondes requises!

L’explication (parce qu’il doit bien y en avoir une) vient de la présence de dissonances et d’harmonies entre les vibrations de chacune des notes individuelles. Si vous avez déjà vu un sismographe dessiner des courbes pendant un tremblement de terre dans un film, vous savez de quoi je parle. Imaginez que chaque note de piano est un tremblement de terre différents, et selon la façon mathématique dont les notes se superposent, juxtaposent ou se fichent les uns des autres, vous entendrez de la joie, de la tristesse ou quelqu’un qui fausse, tout simplement!

Plus précisément, les ondes « compatibles » donneront des accords majeurs, soit des sons plaisants. Des ondes « décalées » donneront des accords mineurs, qui ne sont pas désagréables, mais pour lesquels on souhaite un aboutissement, une résolution. Des ondes « incompatibles » feront grincer des dents!

Un accord est composé de plusieurs ondes.

 

Est-ce que la musique acoustique est la façon la plus pure de vivre une émotion? 

C’est mon opinion du moins. Pendant l’écoute, rien n’est réfléchi, évalué, et aucune comparaison ou référence n’est nécessaire. Une chanson plus complète amènera bien d’autres éléments et fera vivre une expérience émotionnelle plus complexe et réfléchie. Mais quelques accords de piano touchent directement sur nos cordes sensibles (et nos neurotransmetteurs), sans nous demander notre avis.

J’ai été rassuré de trouver d’autres personnes qui se posent les mêmes questions que moi, et bien plus. Voici un livre gratuit écrit par des allemands qui partagent leurs théories et leurs expériences de laboratoire sur le sujet, rien de moins.

Et si vous n’êtes pas hantés par les mêmes questions incessantes que moi, je vous conseille très fortement de tout oublier de la dé-construction que vous venez de lire, et d’aller écouter votre musique préférée! Ça vaut sans doute autant qu’une dose d’antidépresseur!

A propos de Maxime B.-Roy 20 Articles
Pharmacien et passionné de santé, psychologie, alimentation et techno! Je me plais à y trouver un fil conducteur!

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